Ce que signifie concrètement le message « Start PXE over IPv4 »
Votre machine démarre, l’écran s’allume, et à la place de Windows vous lisez cette ligne : « Start PXE over IPv4 ». Rien de spectaculaire, mais la panique s’installe vite. Ce message ne signifie pourtant pas que votre disque dur a rendu l’âme ou que Windows est détruit.
PXE, pour Preboot eXecution Environment, est un protocole permettant à un ordinateur de démarrer depuis le réseau plutôt que depuis son stockage local. Intel l’a introduit dans les années 90 dans le cadre du framework « Wired for Management » – la version 2.0 date de décembre 1998, la 2.1 de septembre 1999. Quand votre BIOS ou UEFI affiche ce message, il essaie de récupérer un fichier de démarrage via le réseau local, en cherchant d’abord un serveur DHCP pour obtenir une adresse IP, puis un serveur TFTP (défini par le RFC 1350 de 1992) pour télécharger l’image d’amorçage.
Ce qui est important à retenir : ce message est purement informatif. Il n’a aucun lien direct avec votre système d’exploitation. Le BIOS a simplement tenté de démarrer via IPv4 sur le réseau, n’a trouvé aucun serveur PXE, et s’est arrêté là. Le problème vient de l’ordre des priorités de démarrage, pas d’une corruption de Windows.
Pourquoi ce message apparaît-il sur votre machine?
Dans plus de 80 % des cas signalés sur les forums techniques, la solution se trouve dans le BIOS – pas dans une réinstallation du système. Voici les causes classées par fréquence réelle.
- Ordre de démarrage incorrect : le réseau est placé avant le disque dur dans la liste des périphériques de boot. C’est la cause la plus commune, souvent consécutive à une mise à jour du BIOS qui réinitialise les priorités.
- Disque non détecté : un SSD M.2 mal inséré, un câble SATA débranché, ou un disque défaillant. Le BIOS ne voit aucun support de stockage valide et part chercher ailleurs.
- Partition système corrompue : le disque est bien détecté, mais le bootloader est endommagé. Le BIOS passe à l’option réseau par défaut.
- Conflit Secure Boot : un disque en MBR ne peut pas démarrer avec Secure Boot actif en mode UEFI pur. Le firmware bascule alors vers le boot réseau.
- Machine virtuelle sans disque attaché : dans ce cas, c’est un comportement normal – la VM cherche un OS sur le réseau faute de disque virtuel configuré.
La bonne nouvelle : aucun de ces scénarios ne nécessite de réinstaller Windows en première intention. Le BIOS reste votre premier terrain d’action.
Start PXE over IPv4 sur Lenovo : une configuration par défaut problématique

Les machines Lenovo génèrent une part disproportionnée des signalements liés à ce message. La raison est simple : Lenovo active le boot réseau par défaut dans le BIOS de nombreux modèles des gammes IdeaPad et ThinkPad. C’est un choix pensé pour les environnements corporate où le déploiement PXE est courant, mais qui surprend les utilisateurs grand public.
Pour accéder au BIOS sur un desktop Lenovo, appuyez sur F1 entre 5 et 10 fois immédiatement après avoir appuyé sur le bouton d’alimentation. Sur un laptop IdeaPad ou ThinkPad, c’est la touche F2 (ou Fn + F2) qu’il faut marteler dès l’allumage. Une fois dans le BIOS, rendez-vous dans l’onglet « Boot » ou « Startup », cherchez la liste « Boot Priority Order » et déplacez votre disque dur ou SSD en première position. Le démarrage réseau doit descendre en bas de liste, ou être désactivé.
Sur certains ThinkPad, vous trouverez également une option dédiée « Network Boot » dans les paramètres de sécurité. La désactiver complètement est souvent plus efficace que de simplement réordonner les priorités, car certaines versions du firmware Lenovo reviennent à la configuration réseau si le disque met trop de temps à répondre.
Comment régler le problème sur un PC HP?
Sur les séries ProBook, EliteBook et Pavilion, ce message survient le plus souvent après une mise à jour du BIOS ou un remplacement de disque. HP réinitialise l’ordre de démarrage lors de certaines mises à jour firmware, et le Network Boot se retrouve remonté en tête de liste sans prévenir.
L’accès au BIOS HP se fait via la touche F10 au démarrage. Une fois dans l’interface, naviguez vers « Storage » puis « Boot Order ». Assurez-vous que votre disque dur ou SSD figure en première position. Sur les modèles EliteBook, vérifiez également la section « Secure Boot » : si votre disque est partitionné en MBR, il est incompatible avec le mode UEFI Secure Boot. Le firmware détecte cette incompatibilité et bascule automatiquement vers le démarrage réseau PXE faute d’alternative valide.
Dans ce cas précis, deux options s’offrent à vous : convertir le disque de MBR vers GPT (opération possible sans perte de données sous Windows via l’outil MBR2GPT), ou désactiver le Secure Boot pour permettre le démarrage en Legacy. La première solution est préférable sur le long terme.
Que faire face à cette erreur sous Windows 10 et Windows 11?
Sous Windows 10, ce message apparaît parfois après une mise à jour corrompue ou un problème avec le démarrage rapide. Le démarrage rapide de Windows 10 met le système en hibernation partielle plutôt qu’en extinction complète. Si cette hibernation se passe mal, le BIOS peut perdre la trace du disque au prochain allumage et partir en PXE boot. Désactiver le démarrage rapide dans les options d’alimentation de Windows règle ce cas spécifique.
Sous Windows 11, la situation est souvent liée aux exigences TPM 2.0 et Secure Boot. Une migration vers Windows 11 effectuée sans vérifier la compatibilité du partitionnement peut générer exactement ce scénario : le BIOS en mode UEFI Secure Boot refuse de démarrer sur un disque MBR et se replie sur le réseau. Dans les deux cas – Windows 10 comme Windows 11 – commencez toujours par vérifier l’ordre de démarrage dans le BIOS avant de toucher au système d’exploitation.
Ce qui relève du BIOS : l’ordre de démarrage, le mode UEFI/Legacy, le Secure Boot, l’activation du Network Boot. Ce qui relève du système : le bootloader (fichier BCD sous Windows), la partition EFI, le démarrage rapide. Ces deux niveaux sont distincts. Beaucoup d’utilisateurs tentent de réparer Windows alors que le problème est entièrement dans le firmware.
Start PXE over IPv4 dans Hyper-V et sur Mac : deux cas à part
Dans Hyper-V, ce comportement est parfaitement normal et attendu. Lorsque vous créez une machine virtuelle sans lui attacher de disque virtuel, ou que le disque virtuel est vide, la VM tente de démarrer via le réseau. C’est exactement ce pour quoi PXE a été conçu. La solution : attacher un fichier VHD ou VHDX contenant un OS, ou monter une image ISO dans le lecteur DVD virtuel avant de démarrer la machine.
Sur Mac, le message « Start PXE over IPv4 » peut apparaître dans des contextes de virtualisation avec Parallels ou VMware Fusion, pour les mêmes raisons que sous Hyper-V. Dans le cadre de Boot Camp, ce message est plus rare et signale généralement un problème de partition Windows mal reconnue. Sur les Mac Apple Silicon, Boot Camp n’existe plus – la virtualisation passe par des solutions comme UTM ou Parallels, où la gestion du boot réseau est différente.
Comment désactiver le démarrage PXE dans le BIOS?

Voici la procédure générique applicable à la majorité des machines pour désactiver le boot réseau dans les paramètres UEFI :
- Redémarrez votre machine et appuyez immédiatement sur la touche d’accès au BIOS (F1, F2, F10, F12, Suppr selon le fabricant).
- Naviguez vers l’onglet « Boot » ou « Startup » – selon les machines, il peut s’appeler « Boot Options », « Boot Configuration » ou « Advanced ».
- Cherchez une option nommée « Network Boot », « PXE Boot », « Boot from LAN » ou « IPv4 PXE Boot ». Passez-la sur « Disabled ».
- Dans la liste des priorités de démarrage (« Boot Order » ou « Boot Priority »), placez votre disque dur ou SSD en premier.
- Sauvegardez avec F10 (sur la majorité des BIOS) et redémarrez.
Si vous ne trouvez pas l’option Network Boot directement, cherchez dans les sous-menus « Advanced » ou « Security ». Certains BIOS Dell et HP cachent cette option dans « Integrated Devices » ou « Network Settings ». Sur les machines récentes avec interface graphique UEFI, un simple drag-and-drop dans la liste de boot suffit pour réordonner les priorités.
Quand le message persiste malgré les corrections du BIOS?
Si vous avez corrigé l’ordre de démarrage et que le message revient systématiquement, la cause est probablement matérielle ou logicielle à un niveau plus profond. Côté hardware, vérifiez d’abord le câble SATA si votre machine utilise un disque 2,5 pouces ou 3,5 pouces – un câble mal enfiché suffit à rendre le disque invisible au BIOS. Pour un SSD M.2, vérifiez que la vis de fixation est bien serrée et que le slot est activé dans le BIOS (certaines cartes mères désactivent le slot M.2 si un autre périphérique SATA est présent).
Côté logiciel, un BCD corrompu (Boot Configuration Data) empêche Windows de démarrer même si le disque est bien détecté. Pour le réparer, démarrez depuis un support Windows (clé USB d’installation), ouvrez l’invite de commandes et exécutez successivement bootrec /fixmbr, bootrec /fixboot, puis bootrec /rebuildbcd. Si la partition EFI est endommagée, l’outil bcdboot peut la recréer. Une réinstallation complète ne s’envisage qu’après avoir épuisé ces vérifications – et si le disque lui-même est défaillant, un diagnostic S.M.A.R.T. vous le confirmera avant d’aller plus loin. Pour les problèmes réseau persistants lors du boot, une configuration de filtrage réseau au niveau du routeur peut parfois interférer avec la détection DHCP du protocole PXE.
Le boot PXE garde une utilité réelle en environnement professionnel
Réduire PXE à une simple erreur de configuration serait une erreur de perspective. Dans les environnements informatiques professionnels, le boot réseau est un outil de déploiement puissant que les équipes IT utilisent quotidiennement. Imaginez devoir installer Windows sur 200 postes simultanément : PXE combiné à un serveur WDS (Windows Deployment Services) permet de le faire sans jamais insérer une seule clé USB.
Les postes sans disque local (thin clients) reposent entièrement sur PXE pour démarrer et charger leur environnement depuis un serveur central. Cette architecture réduit les coûts de maintenance, centralise les mises à jour et simplifie la gestion du parc. Dans les salles de formation, les laboratoires informatiques ou les environnements de test, PXE est la norme.
Le protocole s’intègre aussi dans des workflows de maintenance avancée : démarrage sur un environnement de diagnostic réseau, récupération de données sur une machine dont l’OS est hors service, ou déploiement d’images Linux pour des serveurs en rack. Si vous gérez un parc professionnel, ne désactivez pas PXE sans réfléchir – vérifiez d’abord si votre département IT l’utilise activement. Le message que vous voyez à l’écran n’est pas un bug du firmware : c’est une fonctionnalité qui cherche simplement un contexte où elle peut être utile.