Pi-hole sur Freebox : le guide complet pour bloquer les pubs sur votre réseau

pihole freebox

Votre box diffuse des publicités à tous vos appareils, y compris ceux qui n’ont pas d’extension de navigateur. C’est là que Pi-hole change la donne : un seul point de blocage pour tout le réseau domestique. Mais selon votre modèle de Freebox, la configuration ne se joue pas du tout de la même façon.

Pi-hole et Freebox : de quoi parle-t-on exactement?

Pi-hole est un bloqueur de publicités qui agit au niveau DNS, en amont de vos appareils. Concrètement, quand votre télévision ou votre téléphone tente de charger un domaine publicitaire, Pi-hole intercepte la requête et répond « ce domaine n’existe pas ». La pub ne charge jamais, quel que soit le terminal.

Les prérequis officiels sont modestes : 512 Mo de RAM et 2 Go d’espace disque suffisent. Le logiciel fonctionne nativement sur Ubuntu, Debian, Raspberry Pi OS, Fedora, Armbian et CentOS. L’installation depuis le script officiel prend moins de 10 minutes.

L’intérêt avec une Freebox est simple : certains modèles embarquent un hyperviseur. Vous pouvez faire tourner Pi-hole directement dans la box, sans matériel supplémentaire. Zéro Raspberry Pi, zéro prise murale en plus, zéro câble réseau à ajouter.

Quel modèle de Freebox est compatible avec Pi-hole?

La compatibilité varie selon le modèle. La Freebox Révolution a été la première à introduire la virtualisation dans la gamme – c’est elle qui a ouvert la porte aux VM sous Freebox OS. La Delta et l’Ultra l’ont ensuite perfectionnée.

Modèle Hyperviseur intégré RAM dédiée aux VM Architecture CPU
Freebox Révolution Oui Limitée ARM64
Freebox Delta Oui 1 Go max par défaut ARM64
Freebox Ultra Oui 2 Go dédiés ARM64
Freebox Pop Non Aucune

La Freebox Pop impose donc un matériel externe. Les trois autres modèles permettent d’héberger Pi-hole en interne, avec des niveaux de confort différents selon la RAM disponible.

Installer Pi-hole sur la Freebox Delta : configuration pas à pas

pihole freebox delta

Le ticket de bug Freebox référencé FS#30184, ouvert le 09/03/2020, documente officiellement Pi-hole sur VM hébergée par la Delta. C’est une base solide pour se lancer.

Freebox OS impose deux contraintes techniques pour les VM sur Delta : l’image doit être en architecture ARM64 avec support EFI, et le total des vCPU ne peut pas dépasser 3 cœurs pour l’ensemble des VM actives. Ubuntu Server 22.04 LTS en version ARM64 répond parfaitement à ces deux exigences.

Voici les étapes pour créer et configurer la VM :

  • Télécharger l’image ISO Ubuntu Server 22.04 ARM64 (format compatible EFI)
  • Dans Freebox OS, aller dans la section « VMs » et créer une nouvelle machine virtuelle
  • Allouer 1 vCPU et 1 024 Mo de RAM – suffisant pour Pi-hole seul
  • Attribuer au minimum 2 Go de disque (8 Go recommandés pour les logs)
  • Démarrer la VM et effectuer l’installation standard d’Ubuntu Server
  • Une fois Ubuntu installé, lancer le script Pi-hole : curl -sSL https://install.pi-hole.net | bash
  • Suivre l’assistant d’installation – choisir votre DNS upstream parmi les 9 disponibles (Cloudflare, Quad9, OpenDNS, Google…)
  • Dans Freebox OS, paramètre DHCP, renseigner l’IP de la VM comme serveur DNS primaire

L’ensemble du processus, de la création de VM au premier blocage actif, tient en moins de 30 minutes pour quelqu’un à l’aise avec Linux. La RAM par défaut sur Delta est plafonnée à 1 Go pour les VM – c’est juste assez pour Pi-hole, mais sans marge.

La Freebox Ultra offre-t-elle un meilleur confort pour faire tourner Pi-hole?

Sur la Freebox Ultra, 2 Go de RAM sont dédiés aux machines virtuelles, contre moins de 1 Go utilisable en pratique sur la Delta avec sa configuration par défaut. C’est le double, et ça change concrètement l’expérience quand vous voulez faire tourner Pi-hole aux côtés d’une autre VM.

La RAM de l’Ultra est soudée à la carte mère – aucune extension possible, contrairement à la Delta où des bricoleurs ont poussé jusqu’à 14 Go en remplaçant la barrette (modification non supportée par Free). Mais ces 2 Go fixes suffisent pour Pi-hole et un service complémentaire léger comme un petit serveur DNS secondaire.

Pour un usage Pi-hole seul, la différence Delta/Ultra est peu perceptible au quotidien. L’Ultra devient utile si vous prévoyez d’héberger d’autres services dans des VM séparées sur la même box.

Pi-hole sur Freebox Pop : la contrainte IPv6 que tout le monde ignore

La Pop n’embarque pas d’hyperviseur. Pi-hole doit vivre sur un Raspberry Pi, un vieux PC ou un NAS connecté au réseau. C’est la première contrainte, et elle est connue.

La vraie embûche est ailleurs : l’IPv6 ne peut pas être désactivée sur la Freebox Pop. La box annonce automatiquement un serveur DNS Free via ce protocole. Résultat : certains appareils Android ignorent le serveur DNS IPv4 configuré dans le DHCP et passent directement par le DNS Free en IPv6, contournant Pi-hole sans que vous le voyiez.

La solution existe et fonctionne. Dans l’interface Freebox OS :

  • Aller dans Paramètres de la Freebox – Réseau local – Configuration DHCP
  • Trouver l’onglet ou la section DNS IPv6
  • Cocher « Forcer l’utilisation de serveurs DNS IPv6 personnalisés »
  • Saisir l’adresse IPv6 de votre machine hébergeant Pi-hole

Cette manipulation oblige les appareils récalcitrants à interroger votre Pi-hole même en IPv6. Sans elle, entre 20 et 40 % du trafic publicitaire passe à travers les mailles, selon la proportion d’appareils Android récents sur votre réseau.

Pi-hole fonctionne sans effort une fois installé sur votre réseau Freebox

Une fois Pi-hole configuré comme serveur DNS du réseau via le DHCP de la Freebox, il opère seul. Chaque requête DNS de chaque appareil passe par lui – smartphone, TV connectée, console, ordinateur.

Le tableau de bord web affiche en temps réel le nombre de requêtes bloquées, les domaines les plus sollicités et les appareils les plus actifs. On voit souvent avec surprise qu’une télévision connectée émet plusieurs centaines de requêtes publicitaires par heure.

Les 9 fournisseurs DNS upstream disponibles à l’installation couvrent tous les cas d’usage : Cloudflare (1.1.1.1) pour la rapidité, Quad9 pour le filtrage malware additionnel, OpenDNS pour les fonctions parentales. Vous choisissez au setup et changez à tout moment via l’interface.

Limites et points de vigilance avant de se lancer

pihole freebox pop

La limite des 3 vCPU au total sur Freebox OS est contraignante si vous avez plusieurs projets de virtualisation. Pi-hole en consomme 1 – il en reste 2 pour une autre VM. Si vous voulez ajouter Home Assistant ou un serveur Jellyfin, le budget CPU se remplit vite.

La modification RAM sur la Delta (remplacement de barrette pour atteindre 14 Go) est techniquement possible, mais Free ne supporte pas cette modification. En cas de panne matérielle après une telle intervention, le SAV peut refuser la prise en charge.

Certains appareils et applications contournent le DNS du réseau en utilisant des serveurs DNS codés en dur (DNS over HTTPS, résolveurs intégrés dans des apps). Un Chromebook Google ou Firefox avec DNS over HTTPS activé peut partiellement échapper à Pi-hole. Le blocage n’est pas absolu sur ce type de terminaux.

Si vous êtes sur Freebox Pop et que vous n’avez pas de matériel compatible sous la main, un Raspberry Pi Zero 2 W coûte moins de 20 euros et fait tourner Pi-hole sans broncher depuis des années. Pour beaucoup d’utilisateurs Pop, c’est encore la voie la plus directe – moins de configuration, même résultat.

Pi-hole sur Freebox Delta ou Ultra, c’est du réseau domestique qui joue en mode « set and forget » : vous le configurez une fois, et il fait son travail silencieusement pendant que vous profitez d’un réseau enfin débarrassé des requêtes parasites.